Jean-Louis Grinda

UN NOUVEAU DÉPART...

J’ai eu le très grand privilège de pouvoir programmer quinze saisons à l’Opéra de Monte-Carlo. Dans la réalité, ce sera plutôt quinze saisons et demie car, ainsi que vous le constaterez à la lecture de cette brochure, mon ultime programmation s’étendra d’octobre 2021 à décembre 2022. À partir du 1er janvier 2023, Cecilia Bartoli me succédera et apportera à ce merveilleux théâtre son immense talent ainsi que ses fulgurantes intuitions artistiques qui font d’elle une personnalité assez unique dans l’histoire de l’Opéra. Sa disponibilité est une grande chance que la Principauté a su saisir !

Pour autant, je n’ai pas voulu que ces quinze mois soient le bouquet final d’un feu d’artifice mais plutôt la continuation de la politique artistique que j’ai menée et qui a été, semble-t-il, validée par le public et certains commentateurs même s’il est clair que l’on ne peut jamais faire l’unanimité. C’est d’ailleurs rassurant…

Dans une continuité affirmée, et tel le « bibliothécaire » que je me plais à être,  je vous propose à nouveau de grands chefs-d’œuvre dont certains n’ont jamais été présentés sur notre scène mais aussi des titres absents depuis bien longtemps. J’en citerai trois :

  • Il turco in Italia avec les Musiciens du Prince-Monaco et... Cecilia Bartoli. Cette production sera d’ailleurs reprise à la Staatsoper de Vienne lors d’un festival Rossini confié à l’Opéra de Monte-Carlo et dont Cecilia Bartoli sera protagoniste et directrice artistique.
  • Wozzeck d’Alban Berg. Œuvre âpre et étrange, elle constitue une pièce essentielle dans l’histoire de l’Art lyrique au XXe siècle. Michel Fau en assurera la mise en scène dans le respect absolu du livret ce qui, pour Wozzeck, sera une vraie rareté !
  • Enfin, il était impensable pour moi de quitter cette maison sans y présenter La Damnation de Faust créée en 1892 sur la scène de la salle Garnier par le génial Raoul Gunsbourg auquel l’Opéra rendra hommage au sein d’une année consacrée à la célébration du centenaire du règne  du Prince Albert Ier.

Qu’il me soit permis de rappeler qu’en  2016 fut créé un nouvel ensemble musical, Les Musiciens du Prince-Monaco, et que sa réussite aussi internationale que fulgurante a cimenté l’amitié fidèle et même affectueuse de votre serviteur avec Cecilia Bartoli.

On ne fait pas de théâtre tout seul. Je souhaite donc remercier les artistes qui m’ont fait confiance et que j’espère avoir servis, l’ensemble des personnels de l’Opéra de Monte-Carlo, petite équipe talentueuse, efficace et dévouée à la réputation  internationale élogieuse, les Amis de l’Opéra de Monte-Carlo qui m’ont soutenu avec une constance aussi merveilleuse que galvanisante, Rolex, partenaire fidèle  et attentif, la S.B.M, propriétaire de cette merveilleuse salle Garnier et enfin le Conseil d’administration, présidé par S.A.R. la Princesse de Hanovre, dont  la compréhension des enjeux liés à l’Art  en Principauté est davantage qu’un soutien mais plutôt un aiguillon pour aller de l’avant avec audace et intégrité.

Je puis également m’honorer de l’intérêt toujours attentif et renouvelé du Prince Souverain pour Son opéra. Cet environnement de liberté et de confiance suscite l’admiration et l’envie de nombre  de mes collègues... Je n’oublierai ni la presse ni le public pour lequel je travaille depuis maintenant 40 ans. Ma fierté sera d’avoir mis les artistes au cœur de toutes mes  préoccupations. Mon bonheur aura été de pouvoir partager cet amour du métier avec le plus grand nombre.

Une page se tourne dans la joie sincère de savoir l’Opéra de Monte-Carlo en de si bonnes mains.

Un seul mot s’impose : MERCI.

Jean-Louis Grinda
Directeur de l’Opéra de Monte-Carlo