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Offenbach La Vie
parisienne
23, 26, 27, 29 & 31 décembre 2026 Opéra
Direction musicale Gianluca Capuano
Mise en scène Christian Lacroix

Offenbach La Vie parisienne

Opéra
mercredi 23 décembre 2026 - 20 h (Soirée de gala)
samedi 26 décembre 2026 - 20 h
dimanche 27 décembre 2026 - 15 h
mardi 29 décembre 2026 - 20 h
jeudi 31 décembre 2026 - 18 h
Opéra de Monte-Carlo

Opéra-bouffe en cinq actes  
Musique de Jacques Offenbach (1819-1880) 
Livret intégral d’Henri Meilhac et Ludovic Halévy 
Création : Paris, Théâtre du Palais-Royal, 31 octobre 1866
Version originale intégrale de 1866

Coproduction Bru Zane France / Opéra Royal de Wallonie-Liège / Opéra Orchestre Normandie Rouen / Théâtre des Champs-Élysées / Opéra Orchestre national Montpellier Occitanie / Opéra de Limoges / Opéra de Tours / Palazzetto Bru Zane

Production déléguée Bru Zane France

Décors, costumes, accessoires et perruques réalisés par les ateliers de l’Opéra Royal de Wallonie-Liège

Éditions musicales Palazzetto Bru Zane

Au XIXe siècle naît le mythe d’un Paris où, en matière d’amour, tout – même l’(in)imaginable – serait possible. Une idée nourrie par l’arrivée de riches Américains découvrant l’Europe loin du regard de leurs mères et épouses puritaines. Mais la capitale ne se laisse pas si facilement conquérir, comme en témoigne La Vie parisienne

Bobinet et Gardefeu, deux dandys parisiens, multiplient les stratagèmes pour acquérir les faveurs de Métella, demi-mondaine en vogue, et se débarrasser de son dernier prétendant, le baron de Gondremarck, fraîchement arrivé à Paris avec son épouse. Toutefois, la baronne, fine stratège aidée de ses amies, déjoue leurs manœuvres et les expose au grand jour. 

Avec sa peinture frivole de la vie nocturne locale, La Vie parisienne connut un immense succès lors de sa création, peu de temps avant l’Exposition universelle de 1867, tandis que les commentaires satiriques du livret sur l’actualité militaire et politique furent aussitôt censurés. Nous vous présentons La Vie parisienne dans sa version non censurée, portée par une distribution francophone remarquable, au cœur d’une mise en scène somptueusement colorée signée Christian Lacroix, qui s’achève – comme Offenbach l’avait souhaité – dans la gaieté, le champagne et la musique.

Maîtres d'œuvre
Direction musicale | Gianluca Capuano
Mise en scène, décors et costumes | Christian Lacroix
Collaborateurs artistiques à la mise en scène | Romain Gilbert & Laurent Delvert
Lumières | Bertrand Couderc
Chorégraphie | Glyslein Lefever
Chef de Chœur | Stefano Visconti
Assistante décors | Philippine Ordinaire
Assistants costumes | Michel Ronvaux & Jean-Philippe Pons
Assistant lumières | Julien Chatenet
Assistant chorégraphies | Mikael Fau
Distribution
Gabrielle | Alexandra Marcellier
Pauline | Gloria Tronel
Clara | Sheva Tehoval
La baronne de Gondremarck | Karina Gauvin
Métella | Marie-Andrée Bouchard-Lesieur
Bertha | Brenda Poupard
Mme de Folle-Verdure | Julie Pasturaud
Mme de Quimper-Karadec | Maryse Castets
Le Brésilien/ Frick/ Gontran | Kévin Amiel
Prosper/ Joseph/ Alphonse | Thomas Morris
Raoul de Gardefeu | Eric Huchet
Bobinet | Marc Mauillon
Le baron de Gondremack | Jean-François Lapointe
Urbain/ Alfred/ Employé de gare | Philippe Estèphe
Chœur de l'Opéra de Monte-Carlo
Les Musiciens du Prince - Monaco
Danseurs
  • TIDGY CHÂTEAU
  • EMILIE ELIAZORD
  • LILI FELDER
  • PAUL GOUVEN
  • KARINE ORTS
  • ELISA RIBES
  • ARTHUR ROUSSEL
  • GUILLAUME ZIMMERMANN
Entretien avec Christian Lacroix

La scène est-elle pour vous un prolongement naturel du catwalk ou un terrain d'expression totalement différent ?

Je dirais plutôt le contraire : le podium de la Haute Couture était un prolongement de la scène puisque, dès les années 80, je suis devenu en même temps costumier et couturier. La mode n'a été qu'un détour un peu inattendu sur ma route. Depuis mon enfance, j’ai toujours aspiré au spectacle, quel qu'il soit. J’ai toujours vu mes clientes comme des héroïnes, actrices de leur propre vie, qui tenaient souvent du cinéma, du théâtre ou de l'opéra. Chaque collection était un peu comme une nouvelle, un court-métrage, un conte.

Derrière la légèreté et le comique d’Offenbach se cache une critique aiguë de la société de son temps : cette dimension vous semble-t-elle encore lisible - ou nécessaire - pour le public d'aujourd'hui ?

J'ai été surpris par la pertinence, encore de nos jours, de certains passages du livret qui semblent parler du Paris d'aujourd'hui. La critique d’Offenbach est donc bien lisible, audible, et les réactions du public l’ont confirmé, pas seulement à Paris d'ailleurs. Cette vision d'une capitale devenue une sorte de parc d'attractions touristiques résonne encore pour nous. Pour autant, je n'ai pas ressenti la nécessité d'appuyer davantage sur ce point et j'ai préféré rester allusif.  Je me suis contenté d’évoquer les travaux continuels de la capitale, simplement par des éléments de chantier contemporains dans le décor du premier acte. 

Pour moi, décors, costumes, perruques et autres, font partie du plaisir d'aller au spectacle. Cependant, depuis un demi-siècle, on se sent obligé de transposer tous les grands textes et opéras à l'époque contemporaine, en costumes-cravate, dans des décors de banque évoquant Wall Street ou des HLM kitsch. A mon sens, c’est parfois se priver d'une partie du charme et de la saveur d'œuvres telles que celles d’Offenbach en particulier. Je me suis donc contenté de saupoudrer d'une légère dose de XXIe siècle les décors et les costumes pour coller avec l’actuelle vie à Paris, et j’ai préféré prendre un parti ouvertement plus « bouffe » que contemporain.

Offenbach manie l’ironie, l'excès et la légèreté avec grande précision. Cet esprit musical et théâtral irrigue-t-il votre mise en scène ?

Il est primordial de suivre à la lettre l'esprit musical et théâtral d’Offenbach, de s'y laisser aller car il nous guide. Quand on parcourt attentivement le livret et la partition, les images naissent et le fil de la mise en scène se met en place, s'impose, comme s'il nous prenait la main. 

Votre Vie parisienne fait dialoguer le Paris du XIXe siècle avec une vitalité très actuelle : où se situe, selon vous, la frontière entre fidélité et réinvention ?

Comme évoqué plus haut, il y a quelque chose d'intemporel de l'époque d’Offenbach qui résonne encore avec la nôtre : des attitudes, des sentiments et des travers, éternels. Il faut travailler dans cet intervalle qui relie 1866 - date de la création - à 2027, les personnages d'Offenbach à nos contemporains ; sans se soucier d’une fidélité stricte qui mène à une reconstitution banale, ni s’obliger à transposer l’action dans une autre époque.

Par ailleurs, bien que je sois né un siècle après les débuts d’Offenbach au milieu du XIXe siècle, sa musique était présente dans le paysage de mon enfance. Mes arrière-grand-mères, que j'ai connues, auraient pu le croiser. Elles avaient, dans leur jeunesse, entendu sa musique. En nostalgique, passéiste, historien du costume invétéré que je suis, j'ai toujours été fasciné, entre autres, par la période Napoléon III : celle des grandes expositions universelles, des théâtres sur « le boulevard du crime » et des crinolines, compulsant journaux et « magazines » trouvés dans le grenier des grands-parents.

Votre mise en scène déploie un univers visuel très affirmé : entre référence assumée et liberté créative, quels ont été les points d'ancrage de cet imaginaire ?

C'est ma toute première mise en scène et, comme lorsque j'ai débuté en couture sans aucune formation, je me suis dit que je ne devais suivre que mon instinct, mes convictions, la « petite voix » en moi, sans regarder à droite et à gauche. Je pense que pour donner du plaisir aux autres, il faut savoir s’en donner à soi-même, sans restriction ; ça passe ou ça casse, mais c'est aussi le meilleur moyen de ne pas avoir de regrets ou de remords.  

Ma toute première idée fut de faire chanter et jouer cette Vie parisienne de manière un peu mélodramatique, pour légèrement appuyer sur la critique contenue dans l’œuvre et prendre à rebours les approches des œuvres d’Offenbach, souvent trop légères à mon goût.Toutefois, je me suis rapidement rendu compte du caractère artificiel de cette approche et ai choisi un univers non pas « tragi-comique », mais proche du cirque. Celui-ci rend possible, d'un côté, l'outrance de certaines situations, comme le font les clowns qui déclament, et, de l'autre, laisse libre cours à la poésie des acrobates et des contorsionnistes ainsi qu'à la fantaisie des numéros de dressage. La fin du XIXe siècle à Paris a vu la construction et le succès de nombreux cirques et c'est cette ambiance qui sous-tend toute la mise en scène : la piste, les guirlandes, les rayures, l'exagération un peu grotesque, la nuit, les maquillages, les perruques, les costumes extravagants avec carreaux et pois, Monsieur Loyal en frac et haut-de-forme, l’exotisme imaginaire mais aussi la magie des prestidigitateurs, des danseuses de cordes, etc. C’est cet univers circassien que j'ai choisi comme trait d'union, territoire commun entre Offenbach et moi.

Votre travail interroge depuis toujours le rapport entre costume et identité : comment ce savoir-faire s'est-il transposé à la scène et à la dramaturgie, notamment dans La Vie Parisienne ?

Je crois que mon imaginaire a toujours été habité d'archétypes qu'à mon tour je n'ai cessé d’interpréter à ma façon : contes et légendes, rites et traditions, icônes et commedia dell'arte... Un vaste répertoire, un espace-temps, un héritage dans lequel puiser pour composer mon propre théâtre, celui de la mode, de la scène et de la vie en général. Ce sont donc ces archétypes que j'ai réinterprétés ici, ils sont inspirés de caricatures d'époque, comme celles des journaux ou des affiches du XIXe, qui habillent la partition de chaque personnage et des chœurs, tels que je les voyais apparaître en écoutant la musique, en convoquant les mondes et créatures qui peuplent mon imagination depuis l'enfance. Il faut aussi une part d'enfance pour monter Offenbach, ainsi qu'un certain romantisme adolescent, sans oublier le cynisme - voire le pessimisme lucide - de l'âge adulte.

Comment avez-vous abordé la construction des personnages caustiques de La Vie Parisienne ?

Pour les personnages les plus caustiques, comme pour tous les autres, y compris le chœur, il m’a fallu faire des va-et-vient entre l'idée inspirée par la partition et la réalité : la silhouette des chanteurs, l'expression de leur visage, leur façon de se mouvoir. Je redoute toujours le moment où je dois imaginer et dessiner les maquettes de costumes pour des acteurs, danseurs ou chanteurs que je ne connais pas encore. Il faut coller le plus possible à chaque interprète pour l'aider à incarner son personnage. C'est du sur-mesure, aussi bien physiquement que mentalement et spirituellement. En l'occurrence, je connaissais certains interprètes pour avoir déjà travaillé avec eux, ce qui était inspirant et facilitait les choses. Par ailleurs, j’espère que le parti pris de l'exagération et de la caricature permet aux différentes distributions que nous avons connues depuis la création en 2021, d'entrer dans la peau de chaque personnage. Enfin, lors des premières répétitions, j'ai tâché de donner libre cours à la personnalité de chacun, à leurs propositions, improvisations, à leur naturel. En tant que « novice », j’ai pu compter sur les metteurs en scène Romain Gilbert et Laurent Delvert, pour canaliser tout cela et guider le travail de direction d'acteurs à partir de mes indications.

Que souhaitez-vous que le public monégasque retienne en découvrant votre Vie parisienne ?

Je ne connais pas encore le public monégasque mais, comme partout ailleurs où nous sommes passés, j'ose espérer que le plaisir que j'ai pris à élaborer cette version de La Vie parisienne sera palpable, à l'image de celui que les artistes partagent avec le public chaque soir.