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Gluck Orfeo ed Euridice 28 janvier 2026 Opéra mis en espace
Direction musicale Gianluca Capuano
Chef de chœur Luca Scaccabarozzi

Gluck Orfeo ed Euridice

Opéra mis en espace
mercredi 28 janvier 2026 - 20 h
Opéra de Monte-Carlo
DURÉE INDICATIVE DU SPECTACLE : 1H30 SANS ENTRACTE

Azione teatrale per musica
Musique de Christoph Willibald Gluck (1714-1787)
Livret de Ranieri de’ Calzabigi
Atto d’Orfeo tiré de Le feste d’Apollo (Version de Parme, 1769)

Lors de son voyage aux Enfers, Orphée, chanteur thrace, apaise grâce à sa musique les démons et le dieu des morts. Ce mythe est l’un des plus populaires de l’Antiquité grecque. Au fil des siècles, il a été célébré dans des milliers de livres, de poèmes, de peintures, de ballets, de films, de chansons et bien sûr d’opéras. L’Orfeo de Claudio Monterverdi (1607) est d’ailleurs considéré comme le premier exemple du genre. Il doit être particulièrement fascinant de composer sur un personnage dont la force réside dans la beauté de son chant car la qualité de sa musique doit se singulariser de celle du reste de l’opéra.

Mais la part du mythe qui génère les fantasmes les plus romantiques dans l’esprit du compositeur et des auditeurs est que le but de ce voyage est la tentative éperdue d’Orphée de faire revenir sa femme adorée du monde des morts. La force de la musique devient le symbole de la puissance de l’amour, sentiment qui rend les hommes invincibles.

Orfeo ed Euridice de Gluck vous est présenté dans une version mise en espace basée sur la production du Festival de Salzbourg, créée pour nos interprètes et acclamée par le public ! Sous cette forme, l’œuvre a été présentée avec un succès remarquable dans une quinzaine de salles de concert européennes depuis novembre 2024. Il est donc grand temps de partager cette merveilleuse expérience avec vous, notre public monégasque.

Artistes
Direction musicale | Gianluca Capuano
Projections | D-Wok
Chef de chœur | Luca Scaccabarozzi
Orfeo | Carlo Vistoli
Euridice | Mélissa Petit
Amore | Madison Nonoa
Il Canto di Orfeo
Les Musiciens du Prince - Monaco
Biographies des artistes
Argument

Une ouverture joyeuse, qui pourrait évoquer le mariage d’Orphée et d’Eurydice, prélude pourtant à un immense drame. Le rideau se lève sur des funérailles, tragédie dont aucune cause n’est explicitement révélée. Orphée, héros lumineux et enfant chéri des Muses grecques, pleure sa bien-aimée et se révolte contre le destin qui lui a brutalement arraché son amour.

À quoi bon vivre s’il n’a pas Eurydice à ses côtés ? Apparaît alors l’Amour, qui lui apprend qu’aux Enfers, les esprits ne sont pas insensibles au charme de sa voix et à la sincérité de ses sentiments. Il est possible qu’Orphée parvienne à y pénétrer pour les apaiser et les persuader de rendre Eurydice au monde des vivants. Mais l’Amour le met en garde ; pour que ce dessein réussisse, il faudra qu’il consente à un geste de foi : ne jamais regarder Eurydice avant de l’avoir sortie des Enfers. Orphée jure et, premier mortel, passe le seuil de l’Inframonde où une foule d’esprits, révoltés par cette transgression de l’ordre naturel des choses, tente de lui barrer la route. Grâce à la douceur de son chant, Orphée parvient à vaincre la résistance des puissances infernales et atteint le Champ des Élysées, où Eurydice apparaît enfin. Le retour, plus exigeant encore que la descente aux Enfers, met Orphée face à lui-même : ses démons intérieurs ressurgissent et le doute l’assaille…   L’apparente indifférence de notre héros, seule exigence divine au salut d’Eurydice, inquiète cette dernière qui peu à peu se mue en femme jalouse, doutant de l’amour sincère que lui porte son époux. Maudissant les dieux, le destin et lui-même, Orphée commet l’irréparable en voulant raisonner sa bien-aimée. Il se retourne et scelle du même coup le destin d'Eurydice, qui s’effondre dans ses bras, et le sien. Accablé par cette deuxième perte, Orphée renonce au monde des vivants et redescend dans le royaume des morts, afin de s’unir définitivement à celle qu’il aime.

Le saviez-vous ?

Cinq anecdotes à découvrir avant le lever de rideau

 

1

Dans l’Antiquité grecque, la lyre, instrument associé au grand poète et chanteur Orphée, est une messagère des dieux. Construite par Hermès à partir d’une carapace de tortue et de deux cornes de bœuf, puis offerte à Apollon, elle permet au poète de recevoir l’inspiration et de l’exprimer en musique. En français, le mot « lyrique » trouve son origine directe dans la symbolique associée à cet instrument.

2

Poète et chanteur, le personnage d’Orphée est un sujet tout trouvé pour l’Opéra. C’est d’ailleurs ce thème qu’a choisi Claudio Monteverdi pour inaugurer ce que d’aucuns considèrent comme le premier opéra de l’Histoire : lOrfeo, une « favola in musica », créée en 1608. Le rôle-titre était alors confié à un baryton.

3

Pour la création d’Orfeo ed Euridice, le rôle d’Orphée fut confié à une voix de castrat, particulièrement à la mode au XVIIIe siècle, et jugée plus gracieuse, donc plus à même d’incarner l’idéal lyrique et poétique d’un héros mythologique. À cette époque, des pratiques qui se verront heureusement interdites au début du XXe siècle, permettaient aux castrats, grâce à une absence de mue, de conserver une tessiture aigüe naturelle tout en gagnant, à l’âge adulte, une puissance et une ampleur exceptionnelles. Aujourd’hui, le rôle d’Orphée est plus souvent distribué à une mezzo-soprano.

4

Orfeo ed Euridice est un bon exemple des modifications que le temps peut apporter à une œuvre lyrique. Créée en 1762 à Vienne, la partition s’est vue raccourcie en un acte unique dans la version de Parme en 1769, puis étoffée d’un ballet au deuxième acte dans la version parisienne de 1774 (la danse était alors très populaire en France), avant que Berlioz ne modifie encore l’œuvre en 1859 pour confier le rôle-titre à Pauline Viardot, mezzo-soprano star de l’époque.

5

C’est d’ailleurs en écoutant une autre œuvre de Gluck inspirée d’un mythe grec (Iphigénie en Tauride) qu’Hector Berlioz prit une décision capitale pour sa vie : arrêter ses études de médecine pour se consacrer pleinement à la musique. En un sens, c’est au génie de Gluck que nous devons l’éclosion d’un autre compositeur central de l’Histoire de la Musique.

Équipe artistique

Direction musicale
Gianluca Capuano

Projections 
D-Wok

Chef de chœur 
Luca SCACCABAROZZI

Orfeo
Carlo Vistoli

Euridice
Mélissa Petit

Amore
Madison Nonoa

LES MUSICIENS DU PRINCE-MONACO

General Manager
Margherita Rizzi Brignoli

Assistante de production
Mathilde Rollet

Régisseur
Nicolas Payan

Assistant régisseur
Ollivier Ballester

Premiers violons
Enrico CASAZZA (leader)
Diego Moreno CASTELLI
Reyes GALLARDO
Ágnes KERTÉSZ
Muriel QUISTAD
Roberto RUTKAUSKAS
Anaïs SOUCAILLE
Andrea VASSALLE

Seconds violons
Nicolas MAZZOLENI (leader)
Laura CAVAZZUTI
Francesco COLLETTI
Svetlana FOMINA
Gian Andrea GUERRA
Laura SCIPIONI
Elena TELO

Altos
Anne Sophie VAN RIEL (leader)
Emanuele MARCANTE
Massimo PERCIVALDI
Bernadette VERHAGEN

Violoncelles
Antonio Carlo PAPETTI (leader)
Nicola BROVELLI
Candela GOMEZ BONET
Emilie WALLYN

Contrebasses
Roberto FERNÁNDEZ DE LARRINOA (leader)
Clotilde GUYON

Flûtes
Pablo SOSA DEL ROSARIO (leader)
Giulia Barbini

Hautbois
Pier Luigi FABRETTI (leader)
Guido CAMPANA

Basson
Benny AGHASSI (leader)

Cors d’harmonie
Ulrich HÜBNER (leader)
Anton KOCH

Trompettes 
Thibaud ROBINNE (leader)
Carlos HENRIQUES CORREIA

Trombones
Seth QUISTAD (leader)
Gunter CARLIER
Charlie MAUSSION

Percussions
Saverio RUFO

Harpe
Marta GRAZIOLINO

Fortepiano
Davide Pozzi

IL CANTO DI ORFEO

Chef de chœur
Luca SCACCABAROZZI

Sopranos
Maria Dalia ALBERTINI
Laura ANDREINI
Caterina IORA
Arianna MICELI
Naoka OHBAYASHI

Contraltos
Paola CIALDELLA
Maria Chiara GALLO
Annalisa Mazzoni
Angela Hyun Jung OH
Elisabetta VUOCOLO

Ténors
Alessandro Baudino
Paolo BORGONOVO
Maurizio Matteo DALENA
Stefano GAMBARINO 
Peter GUS

Basses
Cesare COSTAMAGNA
Dario PREVIATO
Luca SCACCABAROZZI
Yiannis VASSILAKIS
Pier Marco VIÑAS

Entretien avec Cecilia Bartoli

Quelle est la place d’Orfeo ed Euridice de Gluck dans l’histoire de l’opéra ?

L’œuvre se situe au milieu d’un bouleversement tectonique entre l’opéra baroque et une nouvelle forme de théâtre lyrique plus classique, radicalement différente, qui s’est solidement établie à cette époque. Les versions successives de cet opéra mettent en lumière l’évolution personnelle de Gluck et celle des goûts du public : la première mondiale à Vienne, en 1762, fut accueillie avec peu d’enthousiasme, alors que la version parisienne, créée 12 ans plus tard, connut un immense succès. Enfin, de par sa construction, son langage musical et le déroulement de l’intrigue, cette itération du mythe d’Orphée est très différente de celles proposées par Monteverdi, Haydn et tant d’autres.

Parlez-nous du castrat Gaetano Guadagni, l’Orphée de Gluck lors de la première mondiale.

C’était à la fois un chanteur exceptionnel et un acteur talentueux – une rareté pour l’époque. Et aussi un artiste extrêmement raffiné : vous pouvez constater que la musique de Gluck est totalement dépourvue d’éléments mettant en valeur les prouesses vocales pures. L’expressivité et la profondeur des sentiments sont la clé de cet opéra.

Qu’est-ce que cela fait de toucher les dieux des Enfers grâce à votre chant ?

(Rires) Merci du compliment ! Mais je n’ai pas encore découvert si mon chant touchait les dieux… Pour moi, le côté magique et profondément émouvant de la musique de Gluck réside dans sa simplicité. C’est pour ça qu’elle semble vraie, sincère. Sans oublier le rôle de l’orchestre avec ses solos mélancoliques de hautbois ou de flûte, qui soulignent merveilleusement l’atmosphère langoureuse de certaines scènes, ou les accords prenants de la harpe, qui représentent le son de la lyre antique.

Quel est, selon vous, le secret de l’histoire d’Orphée et d’Eurydice ?

Il est profondément humain de croire et d’espérer que l’amour est capable de tout surmonter, même la mort. Mais il est aussi intéressant de constater que tous les opéras traitant d’Orphée se terminent de manière différente, certains de manière heureuse, d’autres de manière tragique.

À l’origine, le personnage de Cupidon apporte une fin heureuse, mais cette fois-ci, l’histoire se termine de manière tragique. Cela signifie-t-il que le rêve perd de son pouvoir ?

Je pense que Gluck et Calzabigi ont simplement fait un compromis en raison de leur public aristocratique et de ses préférences. Mais notre spectacle est basé sur la mise en scène réalisée par Christof Loy, pour nous, à Salzbourg. À cette occasion, nous avions décidé de conclure l’opéra d’une manière qui, pour le théâtre d’aujourd’hui, semblait plus appropriée.