Mozart Così fan tutte
1ère partie : 1h30 | Entracte : 25min | 2ème partie : 1h25
Dramma giocoso en deux actes
Musique de Wolfgang Amadeus Mozart
Livret de Lorenzo da Ponte
Création : Vienne, Burgtheater, 20 janvier 1790
Nouvelle édition Mozart, Bärenreiter-Verlag, Kassel, Bâle, Londres, New York, Prague
Vous avez sans aucun doute déjà assisté aux deux précédentes visites de la Wiener Staatsoper à Monaco et avez certainement été émerveillés, tout comme nous, par la somptuosité sonore de son orchestre et par le charme juvénile des solistes de sa troupe. Cette saison, ils reviennent nous présenter Così fan tutte, troisième et dernier volet de la célèbre trilogie da Ponte-Mozart, mis en espace sur la scène du Grimaldi Forum.
Alors que Les Noces de Figaro sont basées sur la comédie de Beaumarchais et Don Giovanni sur une pièce attribuée à Tirso de Molina, l’argument de Così fan tutte semble être une pure invention de Lorenzo da Ponte. Pendant de nombreuses années, on a pensé que l’empereur Joseph II avait suggéré l’intrigue à Mozart mais, plus récemment, des esquisses du premier acte ont été retrouvées, prouvant ainsi que da Ponte avait fourni auparavant le livret au compositeur Antonio Salieri.
Pendant la majeure partie des XIXe et XXe siècles, cet opéra était considéré comme secondaire en raison de son sujet, jugé immoral – deux amis séduisant la fiancée de l’autre afin de tester leur fidélité. Mais la question philosophique qui nous est posée reste d’actualité, surtout à notre époque bien plus indulgente : l’amour éternel est-il une chimère ou peut-il être une réalité ? La sublime musique de Mozart vous aidera-t-elle à trancher la question ?
Un concert proposé par la Wiener Staatsoper
Directeur Dr. Bogdan Roščić
Directrice administrative et financière Dr. Petra Bohuslav
wiener-staatsoper.at
Orchestre de la Wiener Staatsoper
Cinq anecdotes à découvrir avant le lever de rideau
1
À l’Opéra, un duo compositeur-librettiste habitué à travailler ensemble est bien souvent l’ingrédient indispensable d’un chef-d’œuvre. Carmen est ainsi le fruit de la collaboration de deux amis : Georges Bizet et Ludovic Halévy. Verdi a composé peu d’opérasl sans son indispensable Francesco Maria Piave. Et que dire du binôme Mozart-da Ponte ? Réuni par l’Empereur Joseph II, il est à l’origine de trois monuments du répertoire classique : Le Nozze di Figaro, Don Giovanni et Così fan Tutte
2
Incontestablement l’un des plus grands succès publics des œuvres lyriques de Mozart, Così fan Tutte a bien failli être balayé des mémoires par un événement majeur à Vienne, quelques semaines après sa création : le décès de l’Empereur Joseph II, qui suspendit les représentations. La force d’un chef-d’œuvre est de résister au temps et aux contingences de l’époque, ainsi Così fan Tutte a su s’imposer comme l’un des trois ou quatre opéras de Mozart les plus joués au monde.
3
Si Le nozze di Figaro est adapté d’une pièce de Beaumarchais et que Don Giovanni est une émanation du drame signé Molière, c’est dans le réel que Così fan Tutte trouve son inspiration : un fait-divers qui a amusé le tout Vienne, et défrayé la chronique dans les années 1780. Partout dans la ville circulait l’histoire de deux capitaines de la ville de Trieste qui s’étaient lancés dans le pari fou d’échanger leurs épouses ! Mâtinée de Comedia dell’arte et de quelques quiproquos, l’anecdote croustillante est devenue un sommet d’art dramatique.
4
Prolongeant la révolution entamée par Gluck quelques années plus tôt, la succession d’airs entrecoupés de récitatifs et de quelques duos ou trios est totalement renversée dans Così fan Tutte. L’Opéra propose quinze ensembles contre seulement douze airs solo, en faisant de cette œuvre, l’une des plus collectives de Mozart, voire de toute la littérature lyrique.
5
Dans l’un des quiproquos les plus savoureux de l’Opéra, une Despina grimée en faux médecin prétend soigner Guglielmo, qui lui-même fait mine de s’être empoisonné. Prodiguant de piètres conseils, ce personnage est une critique à peine voilée des charlatans. Ces praticiens douteux constituaient un mal rampant alors à Vienne, en exerçant une médecine faite de théories farfelues. L’une d’entre elles était le « magnétisme animal », qui n’a rien à envier aux fantaisistes midi-chlorien de la Guerre des Étoiles.
Acte I
Dans une taverne de Naples.
Guglielmo et Ferrando, deux jeunes soldats discutent avec Alfonso, vieil homme cynique et désabusé. Alors que les deux hommes sont convaincus que leurs fiancés sont des modèles de fidélité, leur interlocuteur leur soutient que la fidélité est une illusion dont il a passé sa vie à se bercer. Les parties s’engagent alors dans un pari fou : chacun des deux héros devra tenter de séduire la fiancée de l’autre. S’ils y parviennent, ils auront perdu. Si les jeunes femmes prouvent leur fidélité, Alfonso aura retenu une leçon, et devra payer 100 sequins aux deux officiers.
Dans leur jardin, Fiordiligi et Dorabella, les deux fiancées objets du défi, contemplent les portraits de leurs bien-aimés, jurant de les aimer toujours. Alfonso paraît, annonçant aux deux sœurs une bien triste nouvelle : Guglielmo et Ferrando sont appelés à la guerre et doivent quitter la ville séance tenante. Après une scène d’adieux déchirante, les quatre amants se renouvellent leurs vœux, regonflant ainsi le cœur des deux jeunes hommes, déjà convaincus d’avoir gagné leur pari. Mais le vieil Alfonso n’a pas dit son dernier mot…
Comme Alfonso, Despina, la servante de Fiordiligi et Dorabella, ne croit pas en la fidélité amoureuse. À l'initiative de ce dernier, qui la paie pour semer la zizanie, elle distille le poison du doute dans l’esprit des jeunes femmes. Malgré l’absence et la distance, chacune proclame avec détermination que jamais elles ne briseraient leurs vœux. C’est alors que deux étrangers se présentent chez elles : deux hommes qu’Alfonso introduit comme de vieux amis. Il s’agit en vérité de Guglielmo et Ferrando, travestis. Pourtant face à leur cour assidue et leurs avances, Fiordiligi et Dorabella restent fidèles, même lorsque les deux « étrangers » feignent l’empoisonnement, cherchant à mettre fin à leurs jours devant le refus de leurs « déesses ». Les deux sœurs, attendries par un tel geste d’amour et bernées par une Despina grimée en faux médecin, refusent néanmoins de leur accorder le baiser qui achèverait de les guérir.
Acte II
Chez Fiordiligi et Dorabella.
Par un habile stratagème et alors que les deux jeunes femmes doutent de plus en plus de leur constance, Alfonso est parvenu à introduire une nouvelle fois les soupirants à leurs côtés, séparant les deux couples réels dans deux promenades aux destins différents. D’un côté, Ferrando et Fiordiligi, de l’autre, Guiglielmo et Dorabella. Si la première se conclut sur une impasse, il n’en va pas de même pour la deuxième, qui voit Dorabella céder aux avances de son courtisan.
Les deux jeunes hommes se retrouvent seuls. Alors qu’ils se racontent leurs entrevues, Guglielmo se réjouit de n’avoir pas été trompé, et avec un orgueil certain, jure qu’un homme aussi charmant que lui ne saurait subir le même sort. À l'inverse, Ferrando est plongé dans une tristesse profonde. Alfonso apparaît alors, et déclare qu’il ne faudrait pas vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué…
De leur côté, les deux femmes se disputent, Fiordiligi reprochant à sa sœur de s’être laissée emportée au jeu de l’amour. Alors qu’elles tentent d’échafauder un plan pour sauver leur couple, Ferrando apparaît, et parvient à séduire la jeune vertueuse. Guglielmo, dissimulé, assiste à la scène et fulmine. Le pari est alors perdu pour les deux hommes, et la leçon est amère.
La scène finale est une noce, où convolent les deux couples nouvellement formés : les deux sœurs et leurs nouveaux amants. Interrompant cette farce, une fanfare annonce en ville le retour du régiment où sont censés servir les « vrais » Guglielmo et Ferrando. Dans un dernier jeu de dupe et de travestissement qui échoue lamentablement, la supercherie est alors révélée aux yeux de tous, y compris ceux de Despina, grimée cette fois en notaire censé constater l’union. Les couples se reforment, et tout est bien qui finit bien !
Direction musicale
Patrick Lange
Mise en espace
Lisa Padouvas
Chef de chœur
Stefano Visconti
Chef de chant
Richard Schwennicke
Fiordiligi
Adriana Gonzalez
Dorabella
Samantha Hankey
Despina
Cecilia Bartoli
Guglielmo
Peter Kellner
Ferrando
Filipe Manu
Don Alfonso
Alessandro Corbelli
WIENER STAATSOPER
Directeur
Bogdan Roscic
Tour Manager
Stephanie Wippel
Tour Manager Adjoint
Helena Bilgeri
Régisseur d'orchestre
Christine Honolke
Responsable du personnel scénique
Katharina Strommer
Pianiste/Pianoforte
Richard Schwennicke
Techniciens d'orchestre
Martin Stangl
Oliver Stangl
Docteur
Felicitas Schönauer
Luthier
Wilfried Ramsaier
Premiers violons
Albena Danailova (concert master)
Luka Ljubas
Thomas Küblböck
Martin Kubik
Martin Zalodek
Jun Keller
Isabelle Ballot
Katharina Engelbrecht
Georg Wimmer
Elena Krylova
Seconds violons
David Kessler
Holger Tautscher-Groh
Alexander Steinberger
Ben Lea
Dominik Hellsberg
Hannah Cho
Assia Weisman
Philipp Krylov
Altos
Tobias Lea
Robert Bauerstatter
Innokenti Grabko
Michael Strasser
Tilman Kühn
Christoph Hammer
Violoncelles
Peter Somodari (soliste)
Raphael Flieder
Eckart Schwarz-Schulz
Teodora Ivanova
Contrebasses
Christoph Wimmer-Schenkel (soliste)
Iztok Hrastnik
Valerie Adele Schatz
Flûtes
Karl-Heinz Schütz (leader)
Wolfgang Zuser
Hautbois
Paul Blüml (leader)
Herbert Maderthaner
Clarinettes
Gregor Hinterreiter (leader)
Alex Ladstätter
Bassons
Lukas Schmid (leader)
Benedikt Dinkhauser
Cors
Josef Reif (leader)
Wolfgang Lintner
Trompettes
Daniel Schinnerl-Schlaffer (leader)
Gotthard Eder
Percussion
Anton Mittermayr
Banda
Dominik Palla
CHŒUR DE L’OPÉRA DE MONTE-CARLO
Chef de chœur
Stefano Visconti
Consultant pour l’organisation musicale & assistant chef de chœur
Aurelio Scotto
Régisseuse du chœur & bibliothécaire
Colette Audat
Sopranos I
Galia BAKALOV
Antonella CESARIO
Chiara IAIA
Giovanna MINNITI
Felicity MURPHY
Ronja Weyhenmeyer
Sopranos II
Rossella ANTONACCI
VITTORIA GIACOBAZZI
Valérie MARRET
Letizia PIANIGIANI
Laura Maria ROMO CONTRERAS
Mezzo-sopranos
Carla Mattioli
Géraldine MELAC
Suma MELLANO
Federica SPATOLA
Altos
Maria Carmen Ciuffreda
ORNELLA CORVI
Maria-Elisabetta DE GIORGI
Catia PIZZI
Rosa TORTORA
Ténors I
Walter BARBARIA
Francis Joseph Biyong Nguene
Lorenzo CALTAGIRONE
Vincenzo DI NOCERA
Thierry DIMEO
Nicolo LA FARCIOLA
Ténors II
Andrea Civetta
Fabio MARZI
Manuel Murabito
Adolfo SCOTTO DI LUZIO
Salvatore TAIELLO
Barytons
Przemyslaw Baranek
Fabio BONAVITA
Giulio Ceccarelli
Vincenzo CRISTOFOLI
Basses
Stefano Arnaudo
Daniele Del Bue
Edgardo RINALDI
Matthew THISTLETON
Giuseppe Zema